Situation générale du marché et transition des récoltes 2021/2022

25 août 2021

Au cours des semaines à venir, nous avons l’habitude de vous informer en détail de la transition des récoltes via nos messages de récoltes.

Nous savons d’ores et déjà qu’en raison de la pluviosité de cet été, la récolte de blé en 2021 ne ressemble en rien à celle des années précédentes. Une partie considérable des superficies de blé a entre-temps été moissonnée dans les régions qui nous concernent. La part à valoriser en blé fourrager sera relativement plus importante. Nous avons constaté que le blé livré est plus hétérogène parce que la pluie a régulièrement interrompu la moisson. En tant qu’industrie de la minoterie, nous constatons une diminution du rendement en raison d’une plus haute teneur en humidité ainsi que des moutures en baisse. Ceci est dû à des grains plus petits et à une diminution du poids par hectolitre.

Nous estimons toutefois important d’également vous donner un aperçu plus large de la situation du marché. L’économie reprend du poil de la bête après une période chahutée par le Covid. Si c’est effectivement une bonne nouvelle, cela a aussi pour conséquence que l’offre dans certains secteurs (produits chimiques de base, papier, bois...) n’est pas en mesure de suivre l’explosion de la demande. Cette situation de marché semblant s’installer à long terme, nous estimons nécessaire de vous informer à ce sujet en toute transparence. 

Blé : le prix atteint un niveau record

Le prix du blé semble s’acheminer vers un niveau record. La production de blé moins importante que prévu en France combinée à la qualité hétérogène participe au maintien du Matif à la hausse. La moisson en Europe de l’Ouest a débuté trop tardivement pour espérer provoquer une baisse de prix. La moisson tardive a par ailleurs provoqué une très faible offre de blé panifiable nouvelle récolte. Les récoltes de blé ont été revues à la baisse de manière considérable, notamment pour l’Amérique du Nord et la Russie.

Le maïs n’a pas compensé la pénurie de blé. Pire encore, sa production a également diminué par rapport au mois passé. Des problèmes supplémentaires avec le maïs et/ou le soja seraient néfastes. Considérant que les stocks totaux de 2021/2022 pour le maïs, le blé et le soja sont en baisse par rapport à 2020/2021 et l’existence de problèmes de qualité, il y a peu de raisons de s’attendre à d’importantes diminutions de prix.

Blé : qualité de la récolte

Pour l’instant, nous constatons un rendement de mouture moindre en raison de la taille réduite des grains et des teneurs plus importantes en humidité. Les valeurs DON sont par ailleurs plus élevées (consécutives à une présence légèrement plus grande de moisissures sur les cultures à cause de l’été mitigé). Nous analysons chaque livraison de blé de manière à garantir la norme maximale de 750 ppb dans nos produits.

Nous observons en outre des indices de chute moindres, ce qui n’a aucune incidence sur les applications standard. Nous abaisserons le dosage du malt en conséquence. Les teneurs en protéines sont soit légèrement plus faibles soit comparables à celles de la moisson précédente, entraînant une qualité de protéines légèrement plus rigides que celle de l’année dernière. Enfin, les grains sont plus tendres, ce qui engendre une détérioration moindre de l’amidon lors de la mouture, avec pour conséquence une absorption de l’eau légèrement plus basse.

Blé : impact sur votre boulangerie
  • L’apport d’eau devra être légèrement réduit (1-1,50 %) dès que la part en nouvelle récolte deviendra significative. Nous vous conseillons de respecter ce rapport en utilisant de la farine produite à partir de septembre.
  • La tolérance au pétrissage va elle aussi légèrement augmenter par rapport à l’année dernière en raison de la légère hausse de rigidité des protéines. Il est donc probable que le pétrissage pourra et devra être légèrement prolongé.
  • Nous ne voyons pour l’instant aucune nouvelle tendance dans la valeur boulangère. Nous adapterons nos recettes le cas échéant.
D’autres matières premières à la hausse
  • Hausse des prix du gluten consécutive au déséquilibre entre l’offre et la demande ainsi qu’à la forte diminution des réserves.
  • Augmentation des prix du beurre en poudre en raison d’une forte hausse des prix de l’ingrédient principal, à savoir l’huile de palme, au cours de deux dernières années. Cela résulte d’une très forte demande alliée à une récolte moyenne. D’autres huiles affichent également un prix très élevé (navet, tournesol et soja), ce qui augmente d’autant la pression des prix, y compris sur l’huile de palme.
  • Il faudra patienter jusqu’à la nouvelle récolte pour savoir ce qu’il en sera des graines et pépins. Les informations qui nous parviennent d’ores et déjà nous permettent toutefois de constater une même tendance concernant les prévisions pour la prochaine récolte (tant pour les graines de sésame que pour celles de lin ou de tournesol). Un marché fixe avec des prix qui ont augmenté au point d’atteindre un niveau historiquement élevé.
  • Il est prévu que la production mondiale d’orge pour la saison 2021/2022 chutera de 1,60 % sur base annuelle par suite d’un mauvais rendement attendu pour la Russie, l’Australie et le Royaume-Uni. En Russie, de mauvaises conditions climatiques fin 2020 ont endommagé les cultures d’hiver, ce qui risque fort d’avoir un impact négatif sur le volume des rendements.
  • Nous attendons pour le seigle des volumes légèrement supérieurs à l’année précédente, les prix devant toutefois rester stables en raison de l’accroissement de la demande dans le secteur des aliments pour animaux. Nous remarquons toutefois que les grains sont considérablement plus petits.

La suite de l’évolution du prix des matières premières dépendra dans une forte mesure de la météo. Après des mois de sécheresse, la pluie à partir de septembre dans certaines parties du monde (comme au Brésil) est non seulement souhaitée, mais elle est aussi indispensable. Dans une grande partie de l’Europe, une période sécheresse serait par contre nécessaire pour éviter de mettre en péril ce qu’il reste à moissonner. 

Impact post-covid sur les coûts d’emballage, énergétiques et logistiques

La pénurie de matières premières sur le marché européen engendre une hausse des coûts des matériaux d’emballage.

Le prix du pétrole a atteint son plus haut niveau depuis plus de deux ans, avec des conséquences tant directes qu’indirectes sur le prix de différents produits énergétiques.

Le prix élevé des carburants entraîne les coûts logistiques à la hausse, déjà fort chahutés par la rareté sur le marché des containers qui a vu ses prix quintuplés en l’espace d’une année. 

Tous ces éléments entraînent inévitablement des augmentations de coûts considérables pour le secteur de la minoterie. Nous en évaluerons l’impact sur nos prix de vente dans les semaines à venir.
Dossche Mills accorde une importance primordiale à la qualité. Nous mettons dès lors tout en oeuvre pour garantir la qualité ainsi que la fiabilité des livraisons de vos ingrédients grâce à une étroite collaboration entre nos départements achats, production, logistique, qualité et développement.

Nous espérons vous avoir fourni par la présente suffisamment d’informations et restons bien évidemment à votre disposition pour répondre à toute question éventuelle.

Partagez cet article via

Articles liés à l'actualité